The Greek Emerald Kokoshnik

(Article dédié à Saad Salman, administrateur du Royal Watcher Blog)

L’histoire de notre diadème du jour commence en 1867, quand la grande-duchesse Olga Constantinovna de Russie (1851-1926) arriva de Russie après son mariage avec le roi Georges Ier de Grèce (1845-1913). [Oui, nous avons déjà parlé de la reine Olga à propos de son diadème de rubis et diamants]. Elle apportait avec elle un magnifique assortiment d’émeraudes de différentes tailles et grosseurs : de gigantesques cabochons d’émeraudes, de longues émeraudes taillées en poires…

La reine Olga vers 1880 Continuer à lire … « The Greek Emerald Kokoshnik »

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The Hessian Aquamarine Tiara

Pour fêter le 150e article du blog, rien de mieux qu’un diadème avec des aigues-marines.

Rappel des autres diadèmes aux aigues-marines déjà vus sur le blog :

  1. Queen Ena’s Aquamarine Tiara
  2. The Brazilian Aquamarine Tiara
  3. The Five Aquamarine Tiara
  4. The Luxembourg Aquamarine Bandeau
  5. Empress Alexandra Feodorovna’s Aquamarine Tiara
  6. Princess Madeleine of Sweden’s Aquamarine Bandeau
  7. The Swedish Aquamarine Kokoshnik

Eh oui… Notre blog créé il y a un peu moins de quinze mois prend de l’âge ! Voici donc le diadème du jour.

The Hessian Aquamarine Tiara 1.jpg

Le diadème d’aigues-marines et diamants de la grande-duchesse Elisabeth

Ce ravissant diadème feuillagé, aux motifs de nœuds de rubans et de guirlandes, évoquant le style très rococo du XVIIIe siècle, a sans doute été créé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le haut du diadème est entouré de cinq grosses aigues-marines en forme de poires, serties de diamants. La provenance de ce somptueux bijou n’est pas très bien connue. On sait cependant que sa première propriétaire connue est la grande-duchesse Elisabeth de Russie (1864-1918), née princesse de Hesse-Darmstadt. Elle épousa en 1884 son cousin, le grand-duc Sergueï Alexandrovitch (1857-1905) de Russie, oncle du tsar Nicolas II.

Le diadème d’aigues marines comportait également un collier créé par Fabergé, mesurant 35,5 cm et montrant neuf aigues-marines serties de diamants alternant avec des nœuds de diamants, et un bracelet, long de 17,5 cm et figurant également des aigues-marines, mais alternant cette fois avec des sortes de trèfles à quatre feuilles. Des boucles d’oreilles créées par Koch complétèrent plus tard la parure.

The Hessian Aquamarine Parure 2

Le collier et le bracelet sont visibles sur cette photo. Attention, les aigues-marines ont certainement été artificiellement recolorées.

Quand ce diadème lui fut-il donné exactement ? Et par qui ? On l’ignore. C’est peut-être un cadeau de mariage de ses parents, de sa belle-famille ou de son époux ? Peut-être de son frère, le grand-duc Ernst-Ludwig de Hesse-Darmstadt (1868-1937). Ou serait-ce encore un cadeau plus tardif. La question demeure. Toujours est-il qu’en 1905, le mari d’Ella, comme la grande-duchesse était surnommée, meurt. Après ce décès, Ella vend une partie de ses joyaux, en lègue une partie des autres à sa famille et rend au Trésor impérial ceux qui en provenaient. Avec l’argent, elle fonde un couvent de religieuses orthodoxes dont elle devient la supérieure, après avoir prononcé ses vœux en 1910. Elle sera assassinée par les Bolcheviks en 1918.

1892 GD Ella by by Friedrich August von Kaulbach 1

1892 : la grande-duchesse Elisabeth par Friedrich August von Kaulbach

On sait que la parure est passée au moment du partage des bijoux par Ella à son frère, le grand-duc Ernst-Ludwig. A ma connaissance, on ne vit pas les bijoux sur l’épouse de celui-ci (sa seconde épouse, née Eleonore de Solms-Hohensolms-Lich) mais on sait que la parure fut léguée au prince Ludwig de Hesse-Darmstadt (1908-1968) dont l’épouse, Margaret, ne l’arbora pas non plus. Par contre, autre retournement, le prince Ludwig, qui n’avait pas d’enfant, offrit la parure en cadeau de mariage à sa cousine, la princesse Dorothea de Hesse-Cassel, lors de son mariage avec le prince Friedrich Karl zu Windisch-Grätz le 1er avril 1959.

Le grand-duc Ernst-Ludwig et le grand-duc héritier Ludwig de Hesse-Darmstadt, respectivement vers 1905 et dans les années 1920, ont possédé la parure d’aigues-marines

Et là, coup de théâtre, c’est sur la princesse Dorothea (nièce directe du duc d’Edimbourg car fille de sa sœur Sophie) que l’on vit pour la première fois la parure portée ! Tout d’abord elle arbora le collier et le bracelet dans les années 1960, à un événement inconnu de moi actuellement :

Années 1960s : Avec sa grand-mère, la princesse André de Grèce et de Danemark & Aux côtés de son époux

Contrairement à ce qui est affirmé sur tous les sites et blogs qui évoquent ce diadème, il a été porté, et c’est au mariage du prince Juan-Carlos des Asturies et de la princesse Sofia de Grèce, sa cousine, qu’on le vit arboré pour la première fois (je continue à chercher, je pense qu’elle l’a également porté lors du mariage du roi Constantin de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark) :

Gala précédant le mariage de Juan Carlos & Sofia. A droite, Dorothea est la troisième dame, au fond. (Copyright photos : ManueSevilla de dinastías.forogratis.es)

Par la suite, le diadème ne fut plus vu jusqu’à ce que la princesse Dorothea le vendît aux enchères chez Sotheby’s le 10 octobre 1996, hélas. Mais un an plus tard, le diadème ou sa copie apparut lors du défilé de printemps d’Atelier Versace :

1997 Atelier Versace Spring Show 1

1997 : le diadème porté par un mannequin d’Atelier Versace

Depuis, plus de nouvelles du diadème qui se trouve entre les mains d’un collectionneur inconnu. On sait que des copies ont été toutefois réalisées, car l’une d’elles a été vue lors d’une exposition à la Hofburg d’Innsbruck à Pâques 2016.

Espérons que nous reverrons la parure un jour…

Réalisation du diadème : Sans doute dans la seconde moitié du XIXe siècle

Joaillier : Fabergé a été évoqué. Sans certitude.

Statut actuel : Inconnu.

L’ont porté : La princesse Dorothea zu Windisch-Grätz, un mannequin d’Atelier Versace

Apparitions identifiées du diadème :

  1. Mai 1962 : Gala précédant le mariage du prince Juan Carlos des Asturies et de la princesse Sophia de Grèce et de Danemark (Princesse Dorothea zu Windisch-Grätz)
  2. Printemps 1997 : Défilé de printemps d’Atelier Versace (Un mannequin d’Atelier Versace)

 

Empress Alexandra Feodorovna’s Kochli Sapphire Tiara

L’image qui se trouve à la une de cet article est assez curieuse : c’est un portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna, dernière tsarine de Russie (1872-1918). Je ne sais pas qui a peint ce tableau ni de quand il date (avis à la population…). Alexandra porte un diadème qui paraît ici fait de diamants et rubis. Or, il se trouve qu’on connaît ce diadème, bien qu’il ait disparu après le vol des joyaux des Romanov par les bolcheviks.

The Kochli Sapphire Tiara 2.JPG

Photo du diadème Kochli dans les années 1920

Ce diadème assez festif (je trouve que le motif principal rappelle un feu d’artifices) a été réalisé vers 1894 par un joaillier de la cour impériale russe, Kochli (aussi orthographié Koechli, Kochly…). C’est une commande du tsar Alexandre III (1845-1894) et de son épouse, Maria Feodorovna (1847-1928) à l’occasion du mariage de leur fils Nicolas (1868-1918) avec la princesse Alix de Hesse et du Rhin. Le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, possède des dessins, réalisés à l’aquarelle et à la gouache, de cette commande. On sait donc que le diadème fait partie d’une parure comprenant également un collier-miroir et une broche :

En haut, le diadème « à plat », la broche ; en bas, le collier

Et ces dessins nous permettent de voir qu’en réalité, contrairement au portrait de l’impératrice se trouvant à la une, il ne s’agit pas de rubis, mais de saphirs ! On dit que ce diadème fut l’un des favoris de la tsarine. Voici un autre portrait, grâce auquel nous pouvons à nouveau constater que ce sont bien des saphirs :

1914 Empress Alexandra Feodorovna by Alexander Makovsky 1

1914 : Alexandra Feodorovna par Alexandre Makovski (1869-1924)

Nul ne sait ce qu’est devenue la parure de saphirs réalisée par Kochli, contrairement au diadème d’aigues-marines vu précédemment. La dernière fois qu’elle fut vue, c’était en 1925, quand les bolcheviks exposaient toutes les parures des Romanov qu’ils avaient spoliées. Il est probable que la parure a été vendue ou démontée.1925 Kochli Sapphire Tiara 2

1925 : les joyaux des Tsars. Tout à droite, se trouve notre diadème

Réalisation du diadème : 1894

Joaillier : Kochli

Statut actuel : Inconnu

L’ont porté : L’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 1900s : Photo officielle de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie
  2. 1900s : Portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie, par un peintre non identifié
  3. 1914 : Portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie, par Alexandre Makovski

 

Empress Alexandra Feodorovna’s Aquamarine Tiara

La dernière tsarine, Alexandra Feodorovna (1872-1918) possédait au moins deux diadèmes avec des aigues-marines et peut-être plus. On croit que notre diadème du jour lui appartenait, mais on n’en a pas la certitude, car nul tableau, nulle photo ne viennent étayer cette supposition.

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Tiara 1

Diadème d’aigues-marines supposé avoir appartenu à l’impératrice Alexandra Feodorovna

Ce diadème d’aigues-marines, en forme de kokoshnik, mais différent du diadème suédois, a été créé au tournant du XXe siècle. Il figure des arches de diamants encadrant seize aigues-marines rectangulaires, le tout serti en platine. Un collier-miroir (c’est-à-dire qui reprend exactement le même motif que le diadème) et une paire de boucles d’oreilles complètent la parure.

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Parure 1

La parure complète est visible ici, avec en plus une broche de Fabergé que le tsarévitch Nicolas offrit à la future tsarine lors de leurs fiançailles (Copyright : Royal Magazin)

Après l’emprisonnement des tsars et leur assassinat, une grande partie des bijoux formant le trésor Romanov furent vendus. Parmi ces bijoux, notre diadème qui fut vendu à Paris :

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Tiara 2

La légende mentionne : « De la collection apportée à Paris dans une sacoche de voyage en cuir par des membres accrédités du gouvernement soviétique, et qui y fut vendue : un diadème de diamants et aigues-marines

Depuis, le diadème est réapparu plusieurs fois aux enchères au cours des XXe et XXIe siècles : on sait que le diadème fut acheté par Wartski dans les années 1920, que la parure fut vendue chez Sotheby’s dans les années 1980, puis en 2014, que le diadème réapparut chez Christie’s, étiqueté comme étant la « propriété d’une noble famille européenne ». J’ignore par qui il a été racheté, mais pourquoi ne le verrions pas un jour sur la charmante tête d’une jolie mariée ?

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Tiara 4

Le diadème dans son écrin

Réalisation du diadème : vers 1900

Joaillier : Inconnu

Statut actuel : Inconnu

L’ont porté : Peut-être l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie