Visite d’Etat : Belgique-Japon (2016)

2016-10-11-belgian-state-visit-to-japan-12

Banquet d’Etat : le discours du roi Philippe de Belgique

Dans la série des visites d’Etat de la semaine, je demande celle de la Belgique au Japon ! Les souverains belges sont actuellement au Japon pour une visite d’Etat de six jours. Le soir du second jour, c’est-à-dire hier, après avoir été accueillis dans la journée par les empereurs du Japon, le roi Philippe et la reine Mathilde ont assisté au banquet d’Etat donné en leur honneur.

2016-10-11-belgian-state-visit-to-japan-8

Arrivée des souverains belges au banquet

La reine Mathilde, très certainement par égard pour l’impératrice, n’avait pas coiffé l’une de ses grandes parures : le diadème des Neuf Provinces ou celui reçu pour son mariage. La question se pose toujours de savoir si elle a hérité du diadème offert par le gouvernement espagnol à la reine Fabiola. C’est donc le petit collier-diadème Wolfers qu’elle arborait, avec une paire de boucles d’oreilles sans doute en citrines et diamants. Les citrines rappelaient la couleur « feuilles mortes » de sa robe mordorée rebrodée de motifs floraux en fils d’or et sequins, signée Dries Van Noten.

2016-10-11-belgian-state-visit-to-japan-3

La reine Mathilde en robe longue, diadème et décoration

Le diadème de la reine Fabiola était sans doute là pour évoquer les liens très étroits d’amitié qui unissaient le roi Baudouin et la reine Fabiola à l’empereur Akihito et l’impératrice Michiko, liens rappelés par le roi Philippe dans son discours. L’impératrice, depuis quelques années déjà, ne coiffe plus de diadème, sur recommandation de ses médecins, pour éviter les migraines. Elle portait néanmoins une splendide rivière de diamants ainsi que des boucles d’oreilles, également en diamants.

2016 10 11 Belgian State Visit to Japan 9.jpg

Les souverains japonais

Ce qu’il y a de bien à la cour japonaise, c’est qu’il y a une pléiade de princesses qui, aux dîners d’Etat, sont présentes, vêtues de robes pastels et parées de diadèmes. Etait donc présente la princesse héritière Masako, très souriante, qu’on voit beaucoup plus ces derniers temps, et qui a pu compter sur l’amitié des reines belge et néerlandaise au cours de sa longue période de dépression.

2016-10-11-belgian-state-visit-to-japan-7

La princesse héritière Masako du Japon

Les diadèmes, au Japon, sont traditionnellement en perles et diamants et sont reflétés par des colliers-miroirs. Masako en possède deux : elle a choisi cette fois d’arborer celui dont le motif rappelle des rayons de soleil. Sa belle-sœur, la princesse Kiko d’Akishino, portait une parure du même genre, avec un diadème reflété par un collier :

2016-10-11-belgian-state-visit-to-japan-11

Les princes héritiers du Japon aux côtés des princes d’Akishino (la princesse Kiko est à droite)

Enfin, les filles des princes d’Akishino assistaient également au banquet. Les princesses Mako et Kako étaient vêtues de bleu ciel et portaient aussi des diadèmes en diamants et perles avec des colliers-miroirs :

A gauche, les princesses Mako et Kako. A droite, la princesse Kako

(Copyright photos : GettyImages/ParisMatch/BelgaPicture/Cour royale de Belgique)

Publicités

Queen Sonja’s Modern Gold Tiara

L’amour des royaumes danois et norvégien pour les bijoux contemporains est incontestable. Au Danemark, on peut compter plusieurs diadèmes contemporains portés par les princesses danoises : le diadème Flora Danica, celui de minuit, le diadème Naasut et le diadème aux coquelicots d’or. En Norvège, nous avons déjà vu le diadème-collier d’améthystes, voyons à présent un diadème bien plus moderne porté par la reine Sonja. Les diadèmes ont des surnoms curieux, parfois : celui-ci a été surnommé par certains observateurs royaux le diadème galactique ou le diadème Star Wars ! Allez, voici l’objet en question :

Queen Sonja's Modern Gold Tiara 3

Le diadème « galactique » de la reine Sonja : trois versions différentes

Ce diadème a été offert par le roi Harald V à son épouse pour son soixantième anniversaire, en 1997. Connaissant la passion de la reine Sonja pour les bijoux modernes, c’est un choix très approprié. On ne connaît pas le joaillier qui a réalisé ce bijou, mais je parie sans hésitation sur un joaillier norvégien. La particularité du diadème : il comporte trois diadèmes en un. Oui, un peu comme celui offert par les Franco à la future reine Fabiola. En effet, il se présente comme un bandeau de lamelles d’or au centre duquel trois motifs peuvent venir s’intégrer : l’un en diamants, l’autre avec des topazes orange, le dernier fait d’une grosse tourmaline verte. La première fois que la reine Sonja arbora le diadème, en 1999, ce fut la version avec les topazes orangées :

1999 09 20 Norwegian State Visit to Romania 3

20 septembre 1999 : visite d’Etat norvégienne en Roumanie

2007 10 15 Norwegian State Visit to Germany 2

15 octobre 2007 : Visite d’Etat en Allemagne. On peut voir ici le collier qui va avec la version topazes du diadème

Cinq ans plus tard, le diadème faisait sa seconde apparition, cette fois orné de la tourmaline verte (qui peut également se porter en broche). Ici, la reine Sonja arbore aussi le collier de tourmalines et d’or qui est assorti à cette version :

2004 06 08 Norwegian State Visit to Greece 4

8 juin 2004 : le roi Harald V et la reine Sonja en visite d’Etat en Grèce

En broche 1

La reine porte la tourmaline verte en broche

Quelques années plus tard, la dernière version du diadème actuellement connue faisait son apparition : le diadème était cette fois parsemé de minuscules brillants, avec au centre une pièce d’or et de diamants plus haute que le diadème lui-même. Le collier-miroir reflète bien le diadème :

2012 05 09 Norwegian State Visit to Poland 4

9 mai 2012 : Visite d’Etat des souverains norvégiens en Pologne

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement, j’imagine assez bien la reine Sonja arriver avec une quatrième version de son diadème lors d’une prochaine visite d’Etat (puisque la reine n’arbore ce diadème que lors de visites d’Etat) !

Réalisation du diadème : vers 1997

Joaillier : Inconnu

Statut actuel : En possession de la reine Sonja de Norvège

L’ont porté : La reine Sonja de Norvège

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 20 septembre 1999 : Visite d’Etat norvégienne en Roumanie (version topazes)
  2. 8 juin 2004 : Visite d’Etat norvégienne en Grèce (version tourmaline)
  3. 28 octobre 2004 : Visite d’Etat norvégienne à Singapour (version tourmaline)
  4. 1er novembre 2004 : Visite d’Etat norvégienne au Vietnam (version topazes)
  5. 13 septembre 2007 : Visite d’Etat brésilienne en Norvège (version tourmaline)
  6. 15 octobre 2007 : Visite d’Etat norvégienne en Allemagne (version topazes)
  7. 5 juin 2008 : Visite d’Etat vietnamienne en Norvège (version tourmaline)
  8. 26 octobre 2010 : Visite d’Etat norvégienne en Slovaquie (version diamants)
  9. 9 mai 2012 : Visite d’Etat norvégienne en Pologne (version diamants)
  10. 10 octobre 2016 : Visite d’Etat de Singapour en Norvège (version diamants)

 

Empress Alexandra Feodorovna’s Kochli Sapphire Tiara

L’image qui se trouve à la une de cet article est assez curieuse : c’est un portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna, dernière tsarine de Russie (1872-1918). Je ne sais pas qui a peint ce tableau ni de quand il date (avis à la population…). Alexandra porte un diadème qui paraît ici fait de diamants et rubis. Or, il se trouve qu’on connaît ce diadème, bien qu’il ait disparu après le vol des joyaux des Romanov par les bolcheviks.

The Kochli Sapphire Tiara 2.JPG

Photo du diadème Kochli dans les années 1920

Ce diadème assez festif (je trouve que le motif principal rappelle un feu d’artifices) a été réalisé vers 1894 par un joaillier de la cour impériale russe, Kochli (aussi orthographié Koechli, Kochly…). C’est une commande du tsar Alexandre III (1845-1894) et de son épouse, Maria Feodorovna (1847-1928) à l’occasion du mariage de leur fils Nicolas (1868-1918) avec la princesse Alix de Hesse et du Rhin. Le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, possède des dessins, réalisés à l’aquarelle et à la gouache, de cette commande. On sait donc que le diadème fait partie d’une parure comprenant également un collier-miroir et une broche :

En haut, le diadème « à plat », la broche ; en bas, le collier

Et ces dessins nous permettent de voir qu’en réalité, contrairement au portrait de l’impératrice se trouvant à la une, il ne s’agit pas de rubis, mais de saphirs ! On dit que ce diadème fut l’un des favoris de la tsarine. Voici un autre portrait, grâce auquel nous pouvons à nouveau constater que ce sont bien des saphirs :

1914 Empress Alexandra Feodorovna by Alexander Makovsky 1

1914 : Alexandra Feodorovna par Alexandre Makovski (1869-1924)

Nul ne sait ce qu’est devenue la parure de saphirs réalisée par Kochli, contrairement au diadème d’aigues-marines vu précédemment. La dernière fois qu’elle fut vue, c’était en 1925, quand les bolcheviks exposaient toutes les parures des Romanov qu’ils avaient spoliées. Il est probable que la parure a été vendue ou démontée.1925 Kochli Sapphire Tiara 2

1925 : les joyaux des Tsars. Tout à droite, se trouve notre diadème

Réalisation du diadème : 1894

Joaillier : Kochli

Statut actuel : Inconnu

L’ont porté : L’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 1900s : Photo officielle de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie
  2. 1900s : Portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie, par un peintre non identifié
  3. 1914 : Portrait de l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie, par Alexandre Makovski