Soirée de gala : 35e bal Peter Stuyvesant

2016-11-18-35th-peter-stuyvesant-ball-4

Une soirée qui n’est ni un mariage, ni une visite d’Etat, ni une réception pour le Corps diplomatique, ni une remise de Nobel, un bal « tout simple », où l’on porte des diadèmes. Ah ! Que j’aime ce concept…

La princesse Margriet

Le bal Stuyvesant, organisé par la Netherlands-America Foundation, a lieu tous les ans à New York, à l’hôtel Plaza sur la 5e Avenue. Cette année, il était donné pour encourager et soutenir le développement durable et l’innovation, entre autres. La princesse Margriet des Pays-Bas, sœur de l’ancienne reine Beatrix, y assistait comme presque tous les ans, en compagnie de son époux, le professeur Pieter Van Vollenhoven, car tous deux sont patrons de la Netherlands-America Foundation. Le dress-code était « black tie, to which you may want to add a touch of green”. Rien d’étonnant, donc, à ce que la princesse ait sorti des écrins de sa famille la parure d’émeraudes, qui était assortie à sa robe longue verte rebrodée de paillettes.

2016-11-18-35th-peter-stuyvesant-ball-5

La princesset Margriet et son époux dansant lors de la soirée

(Copyright photos : PPE Agency & GettyImages)

Visite d’Etat : Pays-Bas-Nouvelle-Zélande (2016)

2016-11-07-netherlands-state-visit-to-nz-7

Les souverains néerlandais lors du banquet d’Etat

On continue à rattraper, on continue à rattraper ! La reine Maxima nous a offert cette année déjà trois apparitions avec des diadèmes : le dîner du corps diplomatique en mai, la visite d’Etat en Nouvelle-Zélande que nous allons couvrir à présent, et la visite d’Etat des souverains belges qui se déroule actuellement. Mais pour cette visite en Nouvelle-Zélande, il y a eu une bonne surprise : ce fut la seconde fois que la reine d’origine argentine arbora le diadème en diamants de la reine Emma, le diadème favori de sa belle-mère, l’ex-reine Beatrix. Elle ne l’avait jusqu’alors porté qu’en tant que princesse héritière.

2016-11-07-netherlands-state-visit-to-nz-1

Bon, il faut bien dire que le banquet d’Etat à la maison du gouvernement, offert par Dame Patricia Reddy, gouverneur général de Nouvelle-Zélande et son époux, Sir David Gascoigne, est une excellente apparition de la reine Maxima. Je raffole de la robe de la reine (robe de Claes Iversen déjà portée au Danemark l’année dernière), je suis faaan de son diadème, de sa broche en diamants, de son sourire chaleureux ! Bref, viva Maxima !!

La reine des Pays-Bas, souriante et lumineuse

A noter que Maxima porte une mini-version de l’ordre du Lion néerlandais. Bon, je vous remets des photos de Maxima, je trouve que cette apparition est extrêmement réussie !

(Copyright photos : PPE Agency)

 

Visite d’Etat : Colombie-Royaume-Uni (2016) : Partie II

2016-11-02-columbian-state-visit-3-at-the-guildhall

Les ducs de Gloucester, le lord-maire de Londres (lord Mountevans), le président colombien et son épouse, lady Mountevans (épouse du lord-maire)

Je sais, je sais, je suis en retard. Très en retard. Mais mieux vaut tard que jamais ! Voici donc le second volet de la visite d’Etat du président colombien et de son épouse à la reine Elizabeth II. Nous avons déjà vu le banquet d’Etat, qui est probablement le tiara event couvert cette année sur le blog qui a rassemblé le plus de diadèmes. Revenons à nos… diadèmes ! Lors d’une visite d’Etat au Royaume-Uni a lieu un banquet au Guildhall, offert par le lord-maire de Londres. La reine n’y assiste pas mais se fait généralement représenter par un membre de sa famille. Ce sont souvent les ducs de Gloucester.

Les ducs de Gloucester. La duchesse porte le diadème de chèvrefeuilles en diamants de la reine Mary.

Vêtue d’une robe bleu canard et parée de décorations et ordres de famille, la duchesse de Gloucester arborait le diadème de chèvrefeuilles de la reine Mary. Le chèvrefeuille est un motif redondant dans les diadèmes : les familles Kinsky, d’Anhalt, Spencer en possèdent un, par exemple. Bonne surprise : la duchesse de Gloucester portait également un collier de diamants convertible en diadème ou en deux bracelets. Il a été donné en 1935 à la duchesse précédente, Alice, comme cadeau de mariage, par la cité de Londres.

duchesse-de-gloucester-necklace-tiara

Meilleur plan du collier de la duchesse de Gloucester

Comme souvent, l’épouse du lord-maire portait elle aussi un diadème en diamants, assez imposant, avec une base surmontée de rouleaux, me semble-t-il. Diadème de famille ou diadème prêté, telle est la question que je vous adresse, chers lecteurs :

2016-11-02-columbian-state-visit-5-at-the-guildhall

Lady Mountevans

 Il y avait sûrement d’autres diadèmes lors de ce banquet. Si vous en avez des images, faites-le-moi savoir !

2016-11-02-columbian-state-visit-1-at-the-guildhall

La duchesse de Gloucester et lady Mountevans de dos

Et pour le plaisir, une photo du Guildhall avant le banquet :

2016-11-02-columbian-state-visit-2-at-the-guildhall

Préparatifs et recommandations

(Copyright photos : Twitter #Guildhall, #CityofLondon, #ColombiaStateVisit & GettyImages)

Princess Louise of Saxe-Coburg -Gotha-Kohary’s Sapphire Tiara

Belle et scandaleuse, mal mariée… La princesse que nous allons évoquer aujourd’hui a un parfum légèrement sulfureux, un parfum de scandale qui se répandit dans chaque cour d’Europe au tournant du XXe siècle. Née princesse Louise de Belgique (1858-1924), elle était la fille du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette de Belgique. Elle épousa en 1875 son cousin le prince Philipp de Saxe-Cobourg-Kohary (1844-1921), qui la rendit très malheureuse, malgré la naissance de deux enfants. En 1895, elle commence une liaison avec un officier croate, le comte Geza Mattachich (1868-1923). Elle est enfermée dans un asile, réussit à prouver son équilibre mental, puis commence une vie d’errance à travers l’Europe, poursuivie par ses créanciers. Est-ce à cette époque qu’elle vend le diadème que nous allons voir maintenant ?

belgique-diademe-delapcslkn9

Le diadème de la princesse Louise de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary

Ce diadème semble avoir été créé, peut-être par le joaillier viennois Köchert, au moment du mariage de Philipp et Louise, le 4 février 1875. Il est en saphirs et diamants et est composé de deux rangs de diamants entre lesquels se trouvent des arabesques de diamants, avec des saphirs et des diamants pendants et un monumental cabochon de saphir entouré de diamants placés au centre du diadème. Ce qui nous fait un nouveau diadème cyclope.

1886 : la princesse Louise de SCGK, « en cheveux » et parée de son diadème

On connaît plusieurs représentations de la princesse avec son diadème. L’une, en particulier, a été faite probablement peu après son mariage et permet de constater une chose. Un collier de diamants est assorti au diadème… Collier qu’on retrouve aujourd’hui porté par la reine d’Angleterre qui l’a fait monter en diadème. Elle l’a porté pour la visite d’Etat du président de Colombie, début novembre.

princesse-louise-de-scg-nee-de-belgique-3

La princesse Louise peu après son mariage

Il semble que la princesse ait laissé son diadème après son passage en asile puis sa vie avec le comte Mattachich. En effet, on connaît une photo de sa « nièce » (fille de sa cousine issue-de-germaine), la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie (1875-1964), le portant en 1905, alors que Philipp et Louise étaient encore mariés. Ou si ce n’est pas celui-là, c’est un qui y ressemble beaucoup.

princesse-auguste-maria-de-baviere-archiduchesse-de-habsbourg-hongrie-1

L’archiduchesse Auguste-Marie de Habsbourg-Hongrie avec le diadème de sa « tante »

Comment cela se fait-il ? Le diadème avait-il déjà été vendu ? Philipp de SCGK et sa femme ont eu deux enfants et aucun petit-enfant. En tout cas, d’après les recherches de Christophe Vachaudez, le diadème aurait été vendu dans les années cinquante à Van Cleef & Arpels.

Le reverra-t-on un jour ?

Réalisation du diadème : XIXe siècle, date exacte inconnue, probablement vers 1875

Joaillier : Peut-être Köchert

Statut actuel :  Peut-être en possession de Van Cleef & Arpels

L’ont porté : La princesse Louise de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary & la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie

Comtesse Gunilla Bernadotte’s Pearl & Diamond Tiara

#modedesdiadèmesauxenchères

Vous ne connaissez pas ces gens (sur la photo qui se trouve à la une) ? Je vous rassure, moi non plus, il y a trois mois. Je les ai découverts en septembre, plus exactement le 12 septembre, jour de la mort de cette dame. Celle-ci était la comtesse Gunilla Bernadotte af Wisborg, née comtesse Wachtmeister af Johannishus (1923-2016). Mariée une première fois, elle épousa en secondes noces le prince Carl-Johan de Suède (1916-2012), titré comte Bernadotte af Wisborg après son premier mariage.

La comtesse Gunilla a porté, durant les années où elle a fréquenté la famille royale de Suède, le diadème que nous allons voir tout de suite.

Comtesse Gunilla Bernadotte's Tiara 5.jpg

Le diadème de la comtesse Gunilla

Ce diadème est une aigrette à l’origine. Il est très simple, en diamants et perles sertis sur platine. Vous reconnaîtrez facilement le modèle : il s’agit de feuilles de muguet entrelacées avec quelques fleurs qui retombent en grappe. D’après Sophia Åkerlund, spécialiste des bijoux, qui travaille pour Bukowski, le diadème a été créé dans les années 1910-1930.

comtesse-gunilla-bernadottes-tiara-1

Gros plan sur le centre du diadème

 Ce motif central de grappe de muguet est d’ailleurs détachable et peut se porter en broche :

aigrette

La grappe de muguet pouvant servir de broche

On sait que le diadème provient de la famille de la comtesse Gunilla. Mais qu’il vienne du côté de son père, côté Wachtmeister, ou de sa mère, côté De Geer af Leufsta, je ne peux par contre vous le dire. En tout cas, à ma connaissance, la comtesse le porte depuis 1996 au moins.

5 avril 1995 : Première au Théâtre Dramatique

La première date à laquelle j’ai trouvé une photo de la comtesse Gunilla et de son diadème est le 5 avril 1996. Toutefois, je me demande s’il n’y a pas une erreur et s’il ne s’agirait pas plutôt de la soirée de gala donnée pour les cinquante ans du roi Carl XVI Gustaf de Suède le 30 avril 1996. La médaille que la comtesse et son époux, ainsi que l’autre invitée, portent, me semble étayer cette hypothèse. Qu’en pensez-vous ?

D’ailleurs, je vais appel à vous une nouvelle fois pour identifier les photos ci-dessous qui doivent dater également des années 90 et où le comte Carl-Johan porte la même décoration noire que sur la photo d’avril 1996. Si quelqu’un a une explication…

A quelle occasion ont été prises ces photos ?

Par la suite, on vit encore Gunilla arborer son diadème à quelques reprises, notamment à l’occasion de mariages princiers :

La comtesse Gunilla au mariage des princes héritiers de Danemark (2004), de la princesse héritière de Suède (2010), de la princesse Madeleine de Suède (2013).

Enfin, voici deux autres occasions lors desquelles la comtesse se para de son diadème : les 70 ans de la reine Margrethe (elle était certainement là aux deux galas, mais je n’ai une photo que d’un seul) et le dîner-retour de la visite d’Etat des souverains danois (même constat : Gunilla assistait sûrement au banquet d’Etat mais je n’ai pas de photo non plus).

A gauche : dîner de retour de la visite d’Etat danoise en Suède (2007) ; à droite : 16 avril 2010, festivités des 70 ans de la reine Margrethe II de Danemark

Voici toutes les photos que je possède du diadème porté. Si vous voyez d’autres occasions, contactez-moi ! Comme nous l’avons dit au début de cet article, la comtesse est décédée en septembre et, début novembre, la maison de vente aux enchères Bukowski a annoncé la vente du diadème le 14 décembre, avec une exposition du 6 au 12 décembre.

Comtesse Gunilla Bernadotte's Tiara 4.jpg

Un mannequin pose avec le diadème pour la revue de presse de la vente aux enchères

Ce fin et joli diadème va donc disparaître, à moins d’être racheté par la famille royale, des tiara events suédois. Il ferait pourtant un gracieux ornement de tête pour une jeune princese…

comtesse-gunilla-bernadottes-tiara-2

Le diadème dans son écrin

Réalisation du diadème : 1910s-1930s

Joaillier : Inconnu

Statut actuel : En vente chez Bukowski

L’ont porté : La comtesse Gunilla Bernadotte af Wisborg

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 5 avril 1996 : Première au Théâtre Dramatique
  2. 1996s-2000s : Occasion non identifiée
  3. 1996s-2000s : Occasion non identifiée
  4. 14 mai 2004 : Mariage du prince héritier Frederik de Danemark et de Mary Donaldson
  5. 11 mai 2007 : Visite d’Etat danoise en Suède : dîner de retour offert par la souveraine danoise et son époux à l’Hôtel de Ville de Malmö
  6. 15 avril 2008 : Visite d’Etat luxembourgeoise en Suède
  7. 16 avril 2010 : Festivités des 70 ans de la reine Margrethe II de Danemark
  8. 19 juin 2010 : Mariage de Daniel Westling et de la princesse héritière Victoria de Suède
  9. 8 juin 2013 : Mariage de Christopher O’Neill et de la princesse Madeleine de Suède
  10. Novembre 2016 : Photos de presse en prévision de la vente aux enchères du diadème chez Bukowski

Visite d’Etat : Colombie-Royaume-Uni (2016) : Partie I

 

2016-01-11-columbian-state-visit-to-uk-5

Le prince Philip, María Clemencia Rodríguez, Juan Manuel Santos Calderón, la reine Elizabeth II

Il y a quelques jours, le 1er novembre, a eu lieu une visite d’Etat que nous n’avons pas encore couverte. La reine d’Angleterre a en effet reçu à Buckingham Palace le président de la République de Colombie et son épouse. Tout de crème vêtue, Sa Gracieuse Majesté arborait sa parure de saphirs qu’on lui a vue plusieurs fois ces derniers temps, comme pour la visite d’Etat chinoise de l’année passée.

2016-01-11-columbian-state-visit-to-uk-4

Toast des deux chefs d’Etat

Comme souvent, plusieurs membres de la famille royale étaient présents.

2016-01-11-columbian-state-visit-to-uk-8

La duchesse de Cornouailles, le président colombien, la reine

Bien sûr, la duchesse de Cornouailles, également vêtue de blanc, assistait au banquet d’Etat parée du diadème Greville, qui est l’un des trois diadèmes qu’on lui voit habituellement.

On aperçoit la duchesse de Gloucester derrière le chandelier

La duchesse de Gloucester, en robe rouge, était également là, ce qui nous a valu une des rares apparitions du diadème Iveagh.

Face à elle se trouvait une femme qui portait un diadème à aiguilles, qui était déjà présente au banquet d’Etat pour le président chinois il y a un an, vêtue de la même robe et coiffée du même diadème (elle portait en plus une rivière de diamants). Plusieurs ont identifié cette femme comme la duchesse de Westminster, ce qui signifierait que le diadème à aiguilles que cette femme porte est celui de la princesse royale Mary, comtesse de Harewood, dont nous avions parlé à propos du diadème de la reine Victoria.

2016-01-11-columbian-state-visit-to-uk-11

La princesse Alexandra de Kent

Sans aucune surprise était présente l’une des cousines favorites d’Elizabeth II, la princesse Alexandra de Kent, veuve de l’Honorable Angus Ogilvy, qui portait le diadème Ogilvy, à motifs floraux version perles.

Face à elle se trouvait une autre femme, encore non-identifiée, coiffée d’un diadème étoilé. Je me demande s’il ne s’agit pas de Lady Brabourne, qui est une parente de la reine Elizabeth II et du prince Philip.

Lady Brabourne ? (Au milieu et à gauche, au banquet d’Etat pour le président chinois l’année dernière)

Enfin, dernier diadème « capturable » de ce banquet d’Etat, celui de Lady Charlotte Santo Domingo, née Wellesley, qui a épousé récemment un homme d’affaires colombien, oncle de Tatiana Casiraghi. Elle portait un diadème d’origine prussienne ayant appartenu à sa grand-mère.

2016-01-11-columbian-state-visit-to-uk-7

Lady Charlotte Santo Domingo

Qu’en pensez-vous ? Pas mal, n’est-ce pas, cette pléiade de diadèmes !

 

Empress Marie-Louise’s Sapphire Parure

Aujourd’hui sont mises aux enchères chez Christie’s plusieurs pièces d’une parure de saphirs et diamants. Cette parure fut longtemps renommée pour avoir appartenu à l’impératrice Marie-Louise : c’est sous cette désignation que nous la connaissons. En réalité, si certains saphirs de la parure ont peut-être été en possession de l’impératrice, il semble certain que le diadème, au moins sous sa forme actuelle, a été monté à la fin du XIXe siècle.

Empress ML's Sapphire Parure Tiara 2.png

Le diadème de saphirs et diamants dit de l’impératrice Marie-Louise

Le diadème est composé d’un bandeau de diamants avec des motifs ovales de saphirs entourés de diamants. Ce bandeau est surmonté de festons détachables, eux-mêmes surmontés à leur tour par des saphirs poires de toute beauté. Initialement, trois lys, qui servent désormais de broches, pouvaient rehausser le diadème.

empress-mls-sapphire-parure-brooch-1

Le lys florentin de la parure

Ce lys florentin est le plus beau des trois lys pouvant être ajoutés au diadème. Il est fait de diamants de différentes tailles (notamment ronds, en coussins, en forme de roses) et est rehaussé d’un saphir bleu octogonal aux bords arrondis.

empress-mls-sapphire-parure-lys-1

Les deux autres lys

Ce grand lys florentin était originellement entouré par les deux lys des Bourbons ci-dessus, qui sont un peu moins ornementés. Vincent Meylan émet l’hypothèse que le diadème fut réalisé pour un mariage entre la branche des Habsbourg-Toscane (d’où le lys florentin) et une branche des Bourbons de France, de Parme ou des Deux-Siciles : pourquoi pas, dit-il, celui  de l’archiduc Karl-Salvator de Habsbourg-Toscane et de la princesse Immaculata de Bourbon-Deux-Siciles, en 1861 (j’ai beaucoup cherché ces derniers temps pour identifier la femme qui porte le diadème sur la photo ci-dessous/de couverture parmi les descendants de Karl-Salvator et Immaculata. En vain.) dont certains descendants portèrent le titre de « duc de Lorraine ».

duchesse-de-hl-1

Cette femme, qui porte le diadème et le collier de la parure, est connue comme « la duchesse de Lorraine », peut-être une petite-nièce de l’empereur François-Joseph. Je ne l’ai pas identifiée pour le moment. Si quelqu’un en sait quelque chose… (Copyright : Site d’Ursula)

La parure n’est pas encore complète. Il nous reste à voir le collier qui en faisait partie :

empress-mls-sapphire-parure-necklace-1

Le merveilleux collier de saphirs et diamants

Ce magnifique collier de saphirs et diamants, à motifs de feuilles, de fleurs, et de nœuds, évoque les bijoux d’Ancien Régime. Il est détachable en six morceaux et peut être arboré de différentes longueurs. Il a été réalisé en saphirs ovales ou octogonaux et diamants de tailles coussins, rondes, roses… selon la technique du millegrain.

empress-mls-sapphire-parure-bracelet-1

Le bracelet

Avant-dernière pièce : le bracelet qui reprend les motifs de fleurs-de-lys montées en miroir et séparées par ces saphirs octogonaux qu’on retrouve sur presque chaque pièce de la parure. La dernière pièce, un devant-de-corsage, est visible sur le site d’Ursula ici.

La parure (sauf le devant-de-corsage vendu à Salzburg il y a plus longtemps) a été vendue pour la première fois en 1964 chez Stuker, à Berne, par un Habsbourg, et fut achetée par August von Finck  (1898-1980). En 2012, la parure (moins le devant-de-corsage) fut revue chez Sotheby’s et mentionnée comme étant la « propriété d’un aristocrate allemand ». Aujourd’hui ne sont en vente « que » le bracelet, le diadème et les deux plus petits lys.

Réalisation du diadème : Probablement dans la deuxième moitié du XIXe siècle

Joaillier : Probablement par un joaillier autrichien

Statut actuel : En vente

L’ont porté : La duchesse de Lorraine ( ?)

 

Stortingsmiddag épisode 2 (2016)

Ces derniers temps, la famille royale de Norvège est sur le devant de notre scène ! Nous avons vu tous les diadèmes de la reine Sonja, de sa fille et de sa belle-fille. Entre la visite d’Etat de Singapour, celle en Finlande des souverains et ce dîner de gala offert le 27 octobre aux parlementaires suédois, nous sommes gâtés !

2016 10 27 Stortingsmiddag 1.jpg

Arrivée du roi Harald, de la reine Sonja, de la princesse Astrid et des princes héritiers

La reine Sonja arborait la version complète du diadème en perles et diamants de la reine Maud. Un grand classique de sa part, tout comme la robe qu’elle portait, déjà vue et revue…

2016-10-27-stortingsmiddag-3

Les souverains pendant le dîner, visiblement hilares pendant le discours

Pas de surprise non plus du côté des tenues de la princesse Astrid et de sa nièce Mette-Marit. Astrid, vêtue d’une robe en soie d’un joli bleu argenté, arborait le diadème de turquoises et de diamants qui est l’une des pièces les plus importantes de sa collection de joyaux. La princesse héritière, elle, en robe Pucci bleu nuit recyclée, était coiffée de son diadème de mariage.

2016-10-27-stortingsmiddag-2

La princesse Astrid aux côtés des princes héritiers de Norvège

(Copyright photos : VGTV)

 

The Milford-Haven Ruby Kokoshnik

Nous avons déjà évoqué des kokoshniks, vous savez, ces diadèmes qui forment des auréoles autour des têtes de celles qu’ils parent. En voici un qui a appartenu à des cousins de la reine Elizabeth et du prince Philip, les marquis Milford-Haven. L’histoire de cette famille nous fait remonter à la reine Victoria dont la fille Alice (1843-1878) épouse le prince Louis de Battenberg (1854-1921). Les princes de Battenberg sont une nouvelle branche de la famille grand-ducale de Hesse et du Rhin. Le père du prince Louis, le prince Alexander, a en effet contracté un mariage morganatique avec la comtesse Julia Hauke, titrée comtesse puis princesse de Battenberg, titre transmis à leurs enfants. Durant la Première Guerre mondiale, les Battenberg changent leur nom en Mountbatten (ils étaient accusés d’être pro-Allemands) et le titre de marquis Milford-Haven est alors créé pour le prince Louis.

Mais venons-en au diadème.

the-milford-haven-ruby-tiara-1

Le kokoshnik de rubis des Milford-Haven

Geoffrey Munn le décrit ainsi : « Un diadème en or en forme de kokoshnik, serti de rubis taillés à facettes et en cabochons et de diamants en forme d’étoiles et de croissants, de fleurs-de-lys, de trèfles, avec motif rayonnant au centre. Plusieurs des motifs peuvent se détacher et être portés en broches ». D’autres motifs peuvent servir d’épingles à cheveux, de bracelet, de pendentif…

Ce diadème a été réalisé pour la comtesse Sophie de Merenberg (petite-fille du poète Pouchkine), comtesse de Torby (1868-1927) par son mariage morganatique avec le grand-duc Michel Mikhailovitch de Russie (1861-1929). Le mariage a lieu en 1891 et c’est un an auparavant que Bolin crée le diadème. Je ne connais pas de photo de la comtesse Sophie le portant. En revanche, celui-ci passe à sa fille Nadejda (1896-1963) à l’occasion de son mariage avec le prince George de Battenberg, second marquis Milford-Haven (1892-1938) en 1916. C’est bon, vous avez fait le lien ?

1924-01-15-state-opening-of-parliament-1-marchioness-nada-of-mh-the-ctess-of-airlie-lady-zia-wernher-marquess-george-of-mh

15 janvier 1924 : Nadejda porte le diadème lors de l’ouverture du Parlement. Elle est à gauche, son époux à droite

Il existe très peu de photos du diadème porté. A ma connaissance, hormis celle qui se trouve ci-dessus, on sait que l’ex-épouse de Lord Ivar Mountbatten, Penelope Thompson, l’a porté le jour de son mariage :

23 avril 1994 : mariage de Lord Ivar Mountbatten et de Penelope Thompson en présence du prince Edward et de la princesse Margaret. Penelope arbore à son tour le diadème

Je me demande cependant si Nadejda de Torby ne l’aurait pas porté le jour de son mariage en « version allégée ». Le motif que l’on aperçoit dans son voile pourrait bien être le motif central du kokoshnik. Qu’en pensez-vous ?

1916-11-15-mariage-du-pce-george-de-battenberg-de-la-ctesse-nadejda-de-torby-1

15 novembre 1916 : Mariage du prince George de Battenberg et de la comtesse Nadejda de Torby

Au début des années 2000, le diadème a été vendu, semble-t-il, par Sarah Walker, ex-marquise Milford-Haven. J’ignore qui l’a acheté, donc si quelqu’un a des informations….

Réalisation du diadème : 1890

Joaillier : Bolin

Statut actuel : Inconnu

L’ont porté : La comtesse Nadejda de Torby, marquise Milford-Haven, Penelope Thompson, Lady Ivar Mountbatten

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 15 janvier 1924 : Ouverture du Parlement (Nadejda, marquise Milford-Haven)
  2. 23 avril 1994 : Mariage de Lord Ivar Mountbatten et de Penelope Thompson (Penelope Thompson)