Visite d’Etat : Luxembourg-Suède (2008) (1)

En cette période de pénurie de visite d’Etat (la prochaine est celle des souverains suédois en Indonésie), il est temps pour nous de nous plonger un peu dans le passé, afin de voir une visite d’Etat entre deux monarchies. Ce n’est pas si courant, bien que récemment, nous ayons été assez gâtés par celle des souverains belges aux Pays-Bas, (ici et là) et au Danemark, ainsi que des souverains espagnols au Japon. Retour en deux parties, donc, sur la visite d’Etat luxembourgeoise en Suède en avril 2015.

Juste une petite photo des deux sœurs, Victoria et Madeleine, à l’arrivée à l’aéroport, parce que je raffole de la tenue de Victoria et de leur complicité

A l’invitation des souverains suédois, le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria Teresa de Luxembourg se sont donc rendus en Suède. Ils arrivèrent à Stockholm le 15 avril 2008 où ils furent accueillis par les souverains suédois et leurs deux filles (que vous pouvez voir ci-dessus. La tenue de Victoria est de Natan, et son chapeau serait de Fabienne Delvigne). Le soir, comme toujours, banquet d’Etat au Palais royal de Stockholm

La reine Silvia, la grande-duchesse Maria Teresa, le grand-duc Henri et le roi Carl XVI Gustaf

Ce fut une soirée fructueuse avec six diadèmes de sortie ! Continuer à lire … « Visite d’Etat : Luxembourg-Suède (2008) (1) »

The Hessian Aquamarine Tiara

Pour fêter le 150e article du blog, rien de mieux qu’un diadème avec des aigues-marines.

Rappel des autres diadèmes aux aigues-marines déjà vus sur le blog :

  1. Queen Ena’s Aquamarine Tiara
  2. The Brazilian Aquamarine Tiara
  3. The Five Aquamarine Tiara
  4. The Luxembourg Aquamarine Bandeau
  5. Empress Alexandra Feodorovna’s Aquamarine Tiara
  6. Princess Madeleine of Sweden’s Aquamarine Bandeau
  7. The Swedish Aquamarine Kokoshnik

Eh oui… Notre blog créé il y a un peu moins de quinze mois prend de l’âge ! Voici donc le diadème du jour.

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Le diadème d’aigues-marines et diamants de la grande-duchesse Elisabeth

Ce ravissant diadème feuillagé, aux motifs de nœuds de rubans et de guirlandes, évoquant le style très rococo du XVIIIe siècle, a sans doute été créé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le haut du diadème est entouré de cinq grosses aigues-marines en forme de poires, serties de diamants. La provenance de ce somptueux bijou n’est pas très bien connue. On sait cependant que sa première propriétaire connue est la grande-duchesse Elisabeth de Russie (1864-1918), née princesse de Hesse-Darmstadt. Elle épousa en 1884 son cousin, le grand-duc Sergueï Alexandrovitch (1857-1905) de Russie, oncle du tsar Nicolas II.

Le diadème d’aigues marines comportait également un collier créé par Fabergé, mesurant 35,5 cm et montrant neuf aigues-marines serties de diamants alternant avec des nœuds de diamants, et un bracelet, long de 17,5 cm et figurant également des aigues-marines, mais alternant cette fois avec des sortes de trèfles à quatre feuilles. Des boucles d’oreilles créées par Koch complétèrent plus tard la parure.

The Hessian Aquamarine Parure 2

Le collier et le bracelet sont visibles sur cette photo. Attention, les aigues-marines ont certainement été artificiellement recolorées.

Quand ce diadème lui fut-il donné exactement ? Et par qui ? On l’ignore. C’est peut-être un cadeau de mariage de ses parents, de sa belle-famille ou de son époux ? Peut-être de son frère, le grand-duc Ernst-Ludwig de Hesse-Darmstadt (1868-1937). Ou serait-ce encore un cadeau plus tardif. La question demeure. Toujours est-il qu’en 1905, le mari d’Ella, comme la grande-duchesse était surnommée, meurt. Après ce décès, Ella vend une partie de ses joyaux, en lègue une partie des autres à sa famille et rend au Trésor impérial ceux qui en provenaient. Avec l’argent, elle fonde un couvent de religieuses orthodoxes dont elle devient la supérieure, après avoir prononcé ses vœux en 1910. Elle sera assassinée par les Bolcheviks en 1918.

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1892 : la grande-duchesse Elisabeth par Friedrich August von Kaulbach

On sait que la parure est passée au moment du partage des bijoux par Ella à son frère, le grand-duc Ernst-Ludwig. A ma connaissance, on ne vit pas les bijoux sur l’épouse de celui-ci (sa seconde épouse, née Eleonore de Solms-Hohensolms-Lich) mais on sait que la parure fut léguée au prince Ludwig de Hesse-Darmstadt (1908-1968) dont l’épouse, Margaret, ne l’arbora pas non plus. Par contre, autre retournement, le prince Ludwig, qui n’avait pas d’enfant, offrit la parure en cadeau de mariage à sa cousine, la princesse Dorothea de Hesse-Cassel, lors de son mariage avec le prince Friedrich Karl zu Windisch-Grätz le 1er avril 1959.

Le grand-duc Ernst-Ludwig et le grand-duc héritier Ludwig de Hesse-Darmstadt, respectivement vers 1905 et dans les années 1920, ont possédé la parure d’aigues-marines

Et là, coup de théâtre, c’est sur la princesse Dorothea (nièce directe du duc d’Edimbourg car fille de sa sœur Sophie) que l’on vit pour la première fois la parure portée ! Tout d’abord elle arbora le collier et le bracelet dans les années 1960, à un événement inconnu de moi actuellement :

Années 1960s : Avec sa grand-mère, la princesse André de Grèce et de Danemark & Aux côtés de son époux

Contrairement à ce qui est affirmé sur tous les sites et blogs qui évoquent ce diadème, il a été porté, et c’est au mariage du prince Juan-Carlos des Asturies et de la princesse Sofia de Grèce, sa cousine, qu’on le vit arboré pour la première fois (je continue à chercher, je pense qu’elle l’a également porté lors du mariage du roi Constantin de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark) :

Gala précédant le mariage de Juan Carlos & Sofia. A droite, Dorothea est la troisième dame, au fond. (Copyright photos : ManueSevilla de dinastías.forogratis.es)

Par la suite, le diadème ne fut plus vu jusqu’à ce que la princesse Dorothea le vendît aux enchères chez Sotheby’s le 10 octobre 1996, hélas. Mais un an plus tard, le diadème ou sa copie apparut lors du défilé de printemps d’Atelier Versace :

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1997 : le diadème porté par un mannequin d’Atelier Versace

Depuis, plus de nouvelles du diadème qui se trouve entre les mains d’un collectionneur inconnu. On sait que des copies ont été toutefois réalisées, car l’une d’elles a été vue lors d’une exposition à la Hofburg d’Innsbruck à Pâques 2016.

Espérons que nous reverrons la parure un jour…

Réalisation du diadème : Sans doute dans la seconde moitié du XIXe siècle

Joaillier : Fabergé a été évoqué. Sans certitude.

Statut actuel : Inconnu.

L’ont porté : La princesse Dorothea zu Windisch-Grätz, un mannequin d’Atelier Versace

Apparitions identifiées du diadème :

  1. Mai 1962 : Gala précédant le mariage du prince Juan Carlos des Asturies et de la princesse Sophia de Grèce et de Danemark (Princesse Dorothea zu Windisch-Grätz)
  2. Printemps 1997 : Défilé de printemps d’Atelier Versace (Un mannequin d’Atelier Versace)

 

The Rosenborg Kokoshnik Tiara

Me revoilà, un peu tard, pour ce premier article de l’année 2017. Meilleurs vœux à tous mes lecteurs, que cette année nous apporte beaucoup beaucoup de tiara events ! Comme vous l’avez peut-être remarqué également, le premier anniversaire de votre blog préféré est également passé il y a une dizaine de jours… Aujourd’hui, nous allons voir un kokoshnik danois, qui n’est pas sans évoquer celui possédé par les Milford-Haven.

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Le kokoshnik appartenant à une branche cadette de la famille royale danoise

Il s’agit d’un diadème très fin et très aéré, créé dans les années 1930 par un joaillier danois, Aage Dragsted. Continuer à lire … « The Rosenborg Kokoshnik Tiara »

Princess Louise of Saxe-Coburg -Gotha-Kohary’s Sapphire Tiara

Belle et scandaleuse, mal mariée… La princesse que nous allons évoquer aujourd’hui a un parfum légèrement sulfureux, un parfum de scandale qui se répandit dans chaque cour d’Europe au tournant du XXe siècle. Née princesse Louise de Belgique (1858-1924), elle était la fille du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette de Belgique. Elle épousa en 1875 son cousin le prince Philipp de Saxe-Cobourg-Kohary (1844-1921), qui la rendit très malheureuse, malgré la naissance de deux enfants. En 1895, elle commence une liaison avec un officier croate, le comte Geza Mattachich (1868-1923). Elle est enfermée dans un asile, réussit à prouver son équilibre mental, puis commence une vie d’errance à travers l’Europe, poursuivie par ses créanciers. Est-ce à cette époque qu’elle vend le diadème que nous allons voir maintenant ?

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Le diadème de la princesse Louise de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary

Ce diadème semble avoir été créé, peut-être par le joaillier viennois Köchert, au moment du mariage de Philipp et Louise, le 4 février 1875. Il est en saphirs et diamants et est composé de deux rangs de diamants entre lesquels se trouvent des arabesques de diamants, avec des saphirs et des diamants pendants et un monumental cabochon de saphir entouré de diamants placés au centre du diadème. Ce qui nous fait un nouveau diadème cyclope.

1886 : la princesse Louise de SCGK, « en cheveux » et parée de son diadème

On connaît plusieurs représentations de la princesse avec son diadème. L’une, en particulier, a été faite probablement peu après son mariage et permet de constater une chose. Un collier de diamants est assorti au diadème… Collier qu’on retrouve aujourd’hui porté par la reine d’Angleterre qui l’a fait monter en diadème. Elle l’a porté pour la visite d’Etat du président de Colombie, début novembre.

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La princesse Louise peu après son mariage

Il semble que la princesse ait laissé son diadème après son passage en asile puis sa vie avec le comte Mattachich. En effet, on connaît une photo de sa « nièce » (fille de sa cousine issue-de-germaine), la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie (1875-1964), le portant en 1905, alors que Philipp et Louise étaient encore mariés. Ou si ce n’est pas celui-là, c’est un qui y ressemble beaucoup.

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L’archiduchesse Auguste-Marie de Habsbourg-Hongrie avec le diadème de sa « tante »

Comment cela se fait-il ? Le diadème avait-il déjà été vendu ? Philipp de SCGK et sa femme ont eu deux enfants et aucun petit-enfant. En tout cas, d’après les recherches de Christophe Vachaudez, le diadème aurait été vendu dans les années cinquante à Van Cleef & Arpels.

Le reverra-t-on un jour ?

Réalisation du diadème : XIXe siècle, date exacte inconnue, probablement vers 1875

Joaillier : Peut-être Köchert

Statut actuel :  Peut-être en possession de Van Cleef & Arpels

L’ont porté : La princesse Louise de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary & la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie

Comtesse Gunilla Bernadotte’s Pearl & Diamond Tiara

#modedesdiadèmesauxenchères

Vous ne connaissez pas ces gens (sur la photo qui se trouve à la une) ? Je vous rassure, moi non plus, il y a trois mois. Je les ai découverts en septembre, plus exactement le 12 septembre, jour de la mort de cette dame. Celle-ci était la comtesse Gunilla Bernadotte af Wisborg, née comtesse Wachtmeister af Johannishus (1923-2016). Mariée une première fois, elle épousa en secondes noces le prince Carl-Johan de Suède (1916-2012), titré comte Bernadotte af Wisborg après son premier mariage.

La comtesse Gunilla a porté, durant les années où elle a fréquenté la famille royale de Suède, le diadème que nous allons voir tout de suite.

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Le diadème de la comtesse Gunilla

Ce diadème est une aigrette à l’origine. Il est très simple, en diamants et perles sertis sur platine. Vous reconnaîtrez facilement le modèle : il s’agit de feuilles de muguet entrelacées avec quelques fleurs qui retombent en grappe. D’après Sophia Åkerlund, spécialiste des bijoux, qui travaille pour Bukowski, le diadème a été créé dans les années 1910-1930.

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Gros plan sur le centre du diadème

 Ce motif central de grappe de muguet est d’ailleurs détachable et peut se porter en broche :

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La grappe de muguet pouvant servir de broche

On sait que le diadème provient de la famille de la comtesse Gunilla. Mais qu’il vienne du côté de son père, côté Wachtmeister, ou de sa mère, côté De Geer af Leufsta, je ne peux par contre vous le dire. En tout cas, à ma connaissance, la comtesse le porte depuis 1996 au moins.

5 avril 1995 : Première au Théâtre Dramatique

La première date à laquelle j’ai trouvé une photo de la comtesse Gunilla et de son diadème est le 5 avril 1996. Toutefois, je me demande s’il n’y a pas une erreur et s’il ne s’agirait pas plutôt de la soirée de gala donnée pour les cinquante ans du roi Carl XVI Gustaf de Suède le 30 avril 1996. La médaille que la comtesse et son époux, ainsi que l’autre invitée, portent, me semble étayer cette hypothèse. Qu’en pensez-vous ?

D’ailleurs, je vais appel à vous une nouvelle fois pour identifier les photos ci-dessous qui doivent dater également des années 90 et où le comte Carl-Johan porte la même décoration noire que sur la photo d’avril 1996. Si quelqu’un a une explication…

A quelle occasion ont été prises ces photos ?

Par la suite, on vit encore Gunilla arborer son diadème à quelques reprises, notamment à l’occasion de mariages princiers :

La comtesse Gunilla au mariage des princes héritiers de Danemark (2004), de la princesse héritière de Suède (2010), de la princesse Madeleine de Suède (2013).

Enfin, voici deux autres occasions lors desquelles la comtesse se para de son diadème : les 70 ans de la reine Margrethe (elle était certainement là aux deux galas, mais je n’ai une photo que d’un seul) et le dîner-retour de la visite d’Etat des souverains danois (même constat : Gunilla assistait sûrement au banquet d’Etat mais je n’ai pas de photo non plus).

A gauche : dîner de retour de la visite d’Etat danoise en Suède (2007) ; à droite : 16 avril 2010, festivités des 70 ans de la reine Margrethe II de Danemark

Voici toutes les photos que je possède du diadème porté. Si vous voyez d’autres occasions, contactez-moi ! Comme nous l’avons dit au début de cet article, la comtesse est décédée en septembre et, début novembre, la maison de vente aux enchères Bukowski a annoncé la vente du diadème le 14 décembre, avec une exposition du 6 au 12 décembre.

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Un mannequin pose avec le diadème pour la revue de presse de la vente aux enchères

Ce fin et joli diadème va donc disparaître, à moins d’être racheté par la famille royale, des tiara events suédois. Il ferait pourtant un gracieux ornement de tête pour une jeune princese…

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Le diadème dans son écrin

Réalisation du diadème : 1910s-1930s

Joaillier : Inconnu

Statut actuel : En vente chez Bukowski

L’ont porté : La comtesse Gunilla Bernadotte af Wisborg

Apparitions identifiées du diadème :

  1. 5 avril 1996 : Première au Théâtre Dramatique
  2. 1996s-2000s : Occasion non identifiée
  3. 1996s-2000s : Occasion non identifiée
  4. 14 mai 2004 : Mariage du prince héritier Frederik de Danemark et de Mary Donaldson
  5. 11 mai 2007 : Visite d’Etat danoise en Suède : dîner de retour offert par la souveraine danoise et son époux à l’Hôtel de Ville de Malmö
  6. 15 avril 2008 : Visite d’Etat luxembourgeoise en Suède
  7. 16 avril 2010 : Festivités des 70 ans de la reine Margrethe II de Danemark
  8. 19 juin 2010 : Mariage de Daniel Westling et de la princesse héritière Victoria de Suède
  9. 8 juin 2013 : Mariage de Christopher O’Neill et de la princesse Madeleine de Suède
  10. Novembre 2016 : Photos de presse en prévision de la vente aux enchères du diadème chez Bukowski

Empress Marie-Louise’s Sapphire Parure

Aujourd’hui sont mises aux enchères chez Christie’s plusieurs pièces d’une parure de saphirs et diamants. Cette parure fut longtemps renommée pour avoir appartenu à l’impératrice Marie-Louise : c’est sous cette désignation que nous la connaissons. En réalité, si certains saphirs de la parure ont peut-être été en possession de l’impératrice, il semble certain que le diadème, au moins sous sa forme actuelle, a été monté à la fin du XIXe siècle.

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Le diadème de saphirs et diamants dit de l’impératrice Marie-Louise

Le diadème est composé d’un bandeau de diamants avec des motifs ovales de saphirs entourés de diamants. Ce bandeau est surmonté de festons détachables, eux-mêmes surmontés à leur tour par des saphirs poires de toute beauté. Initialement, trois lys, qui servent désormais de broches, pouvaient rehausser le diadème.

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Le lys florentin de la parure

Ce lys florentin est le plus beau des trois lys pouvant être ajoutés au diadème. Il est fait de diamants de différentes tailles (notamment ronds, en coussins, en forme de roses) et est rehaussé d’un saphir bleu octogonal aux bords arrondis.

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Les deux autres lys

Ce grand lys florentin était originellement entouré par les deux lys des Bourbons ci-dessus, qui sont un peu moins ornementés. Vincent Meylan émet l’hypothèse que le diadème fut réalisé pour un mariage entre la branche des Habsbourg-Toscane (d’où le lys florentin) et une branche des Bourbons de France, de Parme ou des Deux-Siciles : pourquoi pas, dit-il, celui  de l’archiduc Karl-Salvator de Habsbourg-Toscane et de la princesse Immaculata de Bourbon-Deux-Siciles, en 1861 (j’ai beaucoup cherché ces derniers temps pour identifier la femme qui porte le diadème sur la photo ci-dessous/de couverture parmi les descendants de Karl-Salvator et Immaculata. En vain.) dont certains descendants portèrent le titre de « duc de Lorraine ».

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Cette femme, qui porte le diadème et le collier de la parure, est connue comme « la duchesse de Lorraine », peut-être une petite-nièce de l’empereur François-Joseph. Je ne l’ai pas identifiée pour le moment. Si quelqu’un en sait quelque chose… (Copyright : Site d’Ursula)

La parure n’est pas encore complète. Il nous reste à voir le collier qui en faisait partie :

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Le merveilleux collier de saphirs et diamants

Ce magnifique collier de saphirs et diamants, à motifs de feuilles, de fleurs, et de nœuds, évoque les bijoux d’Ancien Régime. Il est détachable en six morceaux et peut être arboré de différentes longueurs. Il a été réalisé en saphirs ovales ou octogonaux et diamants de tailles coussins, rondes, roses… selon la technique du millegrain.

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Le bracelet

Avant-dernière pièce : le bracelet qui reprend les motifs de fleurs-de-lys montées en miroir et séparées par ces saphirs octogonaux qu’on retrouve sur presque chaque pièce de la parure. La dernière pièce, un devant-de-corsage, est visible sur le site d’Ursula ici.

La parure (sauf le devant-de-corsage vendu à Salzburg il y a plus longtemps) a été vendue pour la première fois en 1964 chez Stuker, à Berne, par un Habsbourg, et fut achetée par August von Finck  (1898-1980). En 2012, la parure (moins le devant-de-corsage) fut revue chez Sotheby’s et mentionnée comme étant la « propriété d’un aristocrate allemand ». Aujourd’hui ne sont en vente « que » le bracelet, le diadème et les deux plus petits lys.

Réalisation du diadème : Probablement dans la deuxième moitié du XIXe siècle

Joaillier : Probablement par un joaillier autrichien

Statut actuel : En vente

L’ont porté : La duchesse de Lorraine ( ?)

 

Empress Alexandra Feodorovna’s Aquamarine Tiara

La dernière tsarine, Alexandra Feodorovna (1872-1918) possédait au moins deux diadèmes avec des aigues-marines et peut-être plus. On croit que notre diadème du jour lui appartenait, mais on n’en a pas la certitude, car nul tableau, nulle photo ne viennent étayer cette supposition.

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Diadème d’aigues-marines supposé avoir appartenu à l’impératrice Alexandra Feodorovna

Ce diadème d’aigues-marines, en forme de kokoshnik, mais différent du diadème suédois, a été créé au tournant du XXe siècle. Il figure des arches de diamants encadrant seize aigues-marines rectangulaires, le tout serti en platine. Un collier-miroir (c’est-à-dire qui reprend exactement le même motif que le diadème) et une paire de boucles d’oreilles complètent la parure.

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Parure 1

La parure complète est visible ici, avec en plus une broche de Fabergé que le tsarévitch Nicolas offrit à la future tsarine lors de leurs fiançailles (Copyright : Royal Magazin)

Après l’emprisonnement des tsars et leur assassinat, une grande partie des bijoux formant le trésor Romanov furent vendus. Parmi ces bijoux, notre diadème qui fut vendu à Paris :

Empress Alexandra Feodorovna's Aquamarine Tiara 2

La légende mentionne : « De la collection apportée à Paris dans une sacoche de voyage en cuir par des membres accrédités du gouvernement soviétique, et qui y fut vendue : un diadème de diamants et aigues-marines

Depuis, le diadème est réapparu plusieurs fois aux enchères au cours des XXe et XXIe siècles : on sait que le diadème fut acheté par Wartski dans les années 1920, que la parure fut vendue chez Sotheby’s dans les années 1980, puis en 2014, que le diadème réapparut chez Christie’s, étiqueté comme étant la « propriété d’une noble famille européenne ». J’ignore par qui il a été racheté, mais pourquoi ne le verrions pas un jour sur la charmante tête d’une jolie mariée ?

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Le diadème dans son écrin

Réalisation du diadème : vers 1900

Joaillier : Inconnu

Statut actuel : Inconnu

L’ont porté : Peut-être l’impératrice Alexandra Feodorovna de Russie