Princess Louise of Saxe-Coburg -Gotha-Kohary’s Sapphire Tiara

Belle et scandaleuse, mal mariée… La princesse que nous allons évoquer aujourd’hui a un parfum légèrement sulfureux, un parfum de scandale qui se répandit dans chaque cour d’Europe au tournant du XXe siècle. Née princesse Louise de Belgique (1858-1924), elle était la fille du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette de Belgique. Elle épousa en 1875 son cousin le prince Philipp de Saxe-Cobourg-Kohary (1844-1921), qui la rendit très malheureuse, malgré la naissance de deux enfants. En 1895, elle commence une liaison avec un officier croate, le comte Geza Mattachich (1868-1923). Elle est enfermée dans un asile, réussit à prouver son équilibre mental, puis commence une vie d’errance à travers l’Europe, poursuivie par ses créanciers. Est-ce à cette époque qu’elle vend le diadème que nous allons voir maintenant ?

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Le diadème de la princesse Louise de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary

Ce diadème semble avoir été créé, peut-être par le joaillier viennois Köchert, au moment du mariage de Philipp et Louise, le 4 février 1875. Il est en saphirs et diamants et est composé de deux rangs de diamants entre lesquels se trouvent des arabesques de diamants, avec des saphirs et des diamants pendants et un monumental cabochon de saphir entouré de diamants placés au centre du diadème. Ce qui nous fait un nouveau diadème cyclope.

1886 : la princesse Louise de SCGK, « en cheveux » et parée de son diadème

On connaît plusieurs représentations de la princesse avec son diadème. L’une, en particulier, a été faite probablement peu après son mariage et permet de constater une chose. Un collier de diamants est assorti au diadème… Collier qu’on retrouve aujourd’hui porté par la reine d’Angleterre qui l’a fait monter en diadème. Elle l’a porté pour la visite d’Etat du président de Colombie, début novembre.

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La princesse Louise peu après son mariage

Il semble que la princesse ait laissé son diadème après son passage en asile puis sa vie avec le comte Mattachich. En effet, on connaît une photo de sa « nièce » (fille de sa cousine issue-de-germaine), la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie (1875-1964), le portant en 1905, alors que Philipp et Louise étaient encore mariés. Ou si ce n’est pas celui-là, c’est un qui y ressemble beaucoup.

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L’archiduchesse Auguste-Marie de Habsbourg-Hongrie avec le diadème de sa « tante »

Comment cela se fait-il ? Le diadème avait-il déjà été vendu ? Philipp de SCGK et sa femme ont eu deux enfants et aucun petit-enfant. En tout cas, d’après les recherches de Christophe Vachaudez, le diadème aurait été vendu dans les années cinquante à Van Cleef & Arpels.

Le reverra-t-on un jour ?

Réalisation du diadème : XIXe siècle, date exacte inconnue, probablement vers 1875

Joaillier : Peut-être Köchert

Statut actuel :  Peut-être en possession de Van Cleef & Arpels

L’ont porté : La princesse Louise de Saxe-Cobourg-Gotha-Kohary & la princesse Auguste Marie de Bavière, archiduchesse de Habsbourg-Hongrie

Empress Marie-Louise’s Sapphire Parure

Aujourd’hui sont mises aux enchères chez Christie’s plusieurs pièces d’une parure de saphirs et diamants. Cette parure fut longtemps renommée pour avoir appartenu à l’impératrice Marie-Louise : c’est sous cette désignation que nous la connaissons. En réalité, si certains saphirs de la parure ont peut-être été en possession de l’impératrice, il semble certain que le diadème, au moins sous sa forme actuelle, a été monté à la fin du XIXe siècle.

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Le diadème de saphirs et diamants dit de l’impératrice Marie-Louise

Le diadème est composé d’un bandeau de diamants avec des motifs ovales de saphirs entourés de diamants. Ce bandeau est surmonté de festons détachables, eux-mêmes surmontés à leur tour par des saphirs poires de toute beauté. Initialement, trois lys, qui servent désormais de broches, pouvaient rehausser le diadème.

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Le lys florentin de la parure

Ce lys florentin est le plus beau des trois lys pouvant être ajoutés au diadème. Il est fait de diamants de différentes tailles (notamment ronds, en coussins, en forme de roses) et est rehaussé d’un saphir bleu octogonal aux bords arrondis.

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Les deux autres lys

Ce grand lys florentin était originellement entouré par les deux lys des Bourbons ci-dessus, qui sont un peu moins ornementés. Vincent Meylan émet l’hypothèse que le diadème fut réalisé pour un mariage entre la branche des Habsbourg-Toscane (d’où le lys florentin) et une branche des Bourbons de France, de Parme ou des Deux-Siciles : pourquoi pas, dit-il, celui  de l’archiduc Karl-Salvator de Habsbourg-Toscane et de la princesse Immaculata de Bourbon-Deux-Siciles, en 1861 (j’ai beaucoup cherché ces derniers temps pour identifier la femme qui porte le diadème sur la photo ci-dessous/de couverture parmi les descendants de Karl-Salvator et Immaculata. En vain.) dont certains descendants portèrent le titre de « duc de Lorraine ».

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Cette femme, qui porte le diadème et le collier de la parure, est connue comme « la duchesse de Lorraine », peut-être une petite-nièce de l’empereur François-Joseph. Je ne l’ai pas identifiée pour le moment. Si quelqu’un en sait quelque chose… (Copyright : Site d’Ursula)

La parure n’est pas encore complète. Il nous reste à voir le collier qui en faisait partie :

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Le merveilleux collier de saphirs et diamants

Ce magnifique collier de saphirs et diamants, à motifs de feuilles, de fleurs, et de nœuds, évoque les bijoux d’Ancien Régime. Il est détachable en six morceaux et peut être arboré de différentes longueurs. Il a été réalisé en saphirs ovales ou octogonaux et diamants de tailles coussins, rondes, roses… selon la technique du millegrain.

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Le bracelet

Avant-dernière pièce : le bracelet qui reprend les motifs de fleurs-de-lys montées en miroir et séparées par ces saphirs octogonaux qu’on retrouve sur presque chaque pièce de la parure. La dernière pièce, un devant-de-corsage, est visible sur le site d’Ursula ici.

La parure (sauf le devant-de-corsage vendu à Salzburg il y a plus longtemps) a été vendue pour la première fois en 1964 chez Stuker, à Berne, par un Habsbourg, et fut achetée par August von Finck  (1898-1980). En 2012, la parure (moins le devant-de-corsage) fut revue chez Sotheby’s et mentionnée comme étant la « propriété d’un aristocrate allemand ». Aujourd’hui ne sont en vente « que » le bracelet, le diadème et les deux plus petits lys.

Réalisation du diadème : Probablement dans la deuxième moitié du XIXe siècle

Joaillier : Probablement par un joaillier autrichien

Statut actuel : En vente

L’ont porté : La duchesse de Lorraine ( ?)